Tout savoir sur la tendinite du coureur : causes, symptômes, traitement et reprise sans rechute

Douleur de tendinite durant la course à pied

 

La course à pied n’a jamais été aussi populaire. Entre les courses qui se multiplient toute l’année et rassemblent plusieurs milliers de coureurs et l’essor du trail longue distance, de plus en plus de sportifs repoussent leurs limites. Mais derrière cette dynamique positive, une réalité persiste : la tendinite du coureur reste l’une des blessures les plus fréquentes et les plus frustrantes en course à pied.

Selon une revue épidémiologique récente publiée dans le British Journal of Sports Medicine (2023), les blessures liées à la course concernent jusqu’à 50 % des coureurs chaque année, et les tendinopathies figurent parmi les atteintes les plus fréquentes. En parallèle, les stratégies de récupération évoluent. Une méta-analyse publiée en 2024 dans Sports Medicine montre que l’immersion en eau froide améliore significativement la récupération perçue dans les 24 à 48 heures après un effort intense, avec une réduction notable des douleurs musculaires post-effort.

Comprendre la tendinite du coureur ne se limite pas à identifier une douleur. Il faut savoir pourquoi elle apparaît, comment la reconnaître, quand continuer ou arrêter temporairement la course, comment la traiter efficacement et surtout comment éviter la rechute. Dans ce guide complet de la tendinite du coureur, vous découvrirez les causes réelles des tendinites en course à pied, les tendinites les plus fréquentes, les solutions concrètes pour soulager et guérir durablement, ainsi que les stratégies de reprise et de prévention adaptées et sans risques pour la santé.

 

Comprendre la tendinite du coureur

Qu’est-ce qu’une tendinite ou tendinopathie en course à pied ?

Le mot “tendinite” suggère une inflammation. Pourtant, dans la majorité des cas chez le coureur, il s’agit plutôt d’une tendinopathie, c’est-à-dire d’une altération progressive de la structure du tendon liée à une surcharge mécanique répétée.

Un tendon est constitué de fibres de collagène organisées de manière très structurée. Son rôle est de transmettre la force produite par le muscle vers l’os. Il fonctionne comme un ressort élastique. En course à pied, il stocke l’énergie à l’impact et la restitue lors de la propulsion.

Contrairement au muscle, le tendon est peu vascularisé. Il reçoit moins de sang, donc moins d’oxygène et de nutriments. Cela explique pourquoi il récupère plus lentement. Lorsque les microtraumatismes répétés dépassent sa capacité d’adaptation, sa structure interne se désorganise. La douleur apparaît.

Une tendinopathie n’est pas forcément synonyme d’inflammation aiguë permanente. C’est souvent un déséquilibre entre la charge imposée et la capacité de tolérance du tendon.

Les contraintes biomécaniques spécifiques de la course à pied

La course à pied est un sport cyclique. Chaque foulée reproduit le même schéma mécanique. Sur un footing d’une heure, vous effectuez entre 8 000 et 10 000 impacts au sol.

À chaque appui, le tendon d’Achille subit une tension importante lors de la phase de propulsion. Le tendon rotulien encaisse la charge lors de la phase d’absorption. La bandelette ilio-tibiale stabilise le genou sur la phase d’appui unipodal.

Le problème n’est pas l’impact en soi. Le tendon est conçu pour supporter la contrainte. Le problème survient lorsque la charge d’entraînement augmente trop vite (nombre de séances, intensité, distance), que la récupération est insuffisante ou qu’un déséquilibre biomécanique concentre la contrainte sur une zone précise.

C’est cette combinaison répétition + surcharge + récupération insuffisante qui crée le terrain favorable à la tendinite.

tendinite du tendon d'Achille

Comment apparaît une tendinite en course à pied ?

La surcharge d’entraînement

La cause la plus fréquente d’une tendinite en course à pied est l’augmentation trop rapide du volume ou de l’intensité des entraînements. Faire des séances fractionnées, de dénivelé ou augmenter soudainement la distance kilométrique crée un pic de contrainte que le tendon n’a pas le temps d’absorber.

Le tendon s’adapte, mais lentement. Si la progression est trop rapide, les micro-lésions tendineuses s’accumulent sans avoir le temps de cicatriser. La douleur devient persistante et chronique.

Les déséquilibres musculaires

Un déficit de force des fessiers peut surcharger la bandelette ilio-tibiale. Une faiblesse des mollets peut augmenter la contrainte sur le tendon d’Achille. Un manque de mobilité de cheville modifie la mécanique de propulsion.

Ces déséquilibres musculaires ne créent pas immédiatement une douleur mais finissent par créer des contraintes au tendon lorsque la charge d’entraînement augmente trop vite.

Le terrain et les chaussures

Un terrain très dur augmente les forces de réaction au sol en course à pied. Les séances avec du dénivelé (notamment en trai) sollicitent davantage le tendon rotulien en descente et le tendon d’Achille en montée.

Des chaussures de course à pied usées perdent par ailleurs leur capacité d’amorti et modifient subtilement la biomécanique. Un changement de modèle ou de type de chaussures peut également perturber l’adaptation tendineuse.

La récupération insuffisante

Le tendon a besoin de temps pour se reconstruire et cicatriser ses micro-lésions. Le manque de repos entre plusieurs entraînements, de sommeil, le stress chronique ou une alimentation pauvre en protéines ralentissent les processus de réparation et régénération des tissus.

La tendinite en course à pied est rarement liée à un seul facteur. Elle résulte le plus souvent d’une accumulation progressive de contraintes mal gérées.

blessures course a pied

Les tendinites les plus fréquentes chez le coureur

Tendinite de tendon d’Achille

Le tendon d’Achille est le plus puissant du corps humain. Il relie les muscles du mollet (gastrocnémiens et soléaire) au calcanéum, l’os du talon. En course à pied, il agit comme un ressort : il stocke l’énergie lors de l’appui et la restitue lors de la propulsion. Cette fonction élastique explique sa forte sollicitation.

Dans le cas d’une tendinite du tendon d’Achille, la douleur se situe généralement à l’arrière du talon ou quelques centimètres au-dessus. Elle est souvent plus marquée le matin au réveil, lorsque le tendon est à froid, et se manifeste par une sensation de raideur importante lors des premiers pas ou premières foulées. La douleur similaire aussi après un certain d’immobilisation (position assise prolongée par exemple). À chaud, la gêne peut diminuer temporairement, ce qui pousse de nombreux coureurs à continuer malgré les signaux d’alerte.

La  tendinite du tendon d’Achille apparaît fréquemment après une augmentation du volume d’entraînement, un travail intensif en côte (dénivelé) ou un changement brutal de chaussures (notamment une modification du drop). Si elle n’est pas prise en charge tôt, elle peut évoluer vers une forme chronique plus longue à traiter.

tendinite tendon achille schema

Syndrome de la bandelette ilio-tibiale (TFL)

La bandelette ilio-tibiale est une longue structure fibreuse qui part de la hanche et descend le long de la face externe de la cuisse jusqu’au tibia. Elle participe à la stabilisation du genou lors de la phase d’appui unipodal, c’est-à-dire lorsque tout le poids du corps repose sur une jambe.

Dans le cas d’une tendinite du fascia lata (TFL), la douleur est localisée sur la face externe du genou. Elle apparaît souvent après quelques kilomètres et peut devenir suffisamment vive pour obliger à s’arrêter. Contrairement à d’autres tendinites, elle n’est pas toujours très douloureuse au repos, mais elle revient systématiquement à l’effort.

Le TFL est souvent liée à une faiblesse du moyen fessier, à un déséquilibre du bassin ou à une augmentation trop rapide du volume d’entraînement. Les descentes prolongées en trail aggravent fréquemment le problème.

schéma du syndrome essuie glace ou TFL

Tendinite rotulienne

Le tendon rotulien relie la rotule au tibia. Il transmet la force du quadriceps lors de l’extension du genou. En course, il est fortement sollicité lors des descentes, des accélérations et des changements de rythme.

Dans le cas d’une tendinite rotulienne, la douleur est située sous la rotule, précisément au niveau de son insertion sur le tibia. Elle peut être déclenchée par les escaliers, les squats ou la position accroupie. Chez le coureur, elle apparaît souvent après une période d’entraînement intensifié.

La gêne peut être modérée au début, puis devenir persistante si la charge n’est pas adaptée. Elle est fréquente chez les coureurs augmentant brutalement le travail de vitesse ou le dénivelé.

tendinite rotulienne schema

Tendinite tibiale postérieure

Le tendon tibial postérieur est situé à l’intérieur de la cheville. Il joue un rôle essentiel dans le maintien de la voûte plantaire et la stabilisation du pied lors de l’appui.

Dans le cas d’une tendinite tibiale postérieure, la douleur apparaît sur la face interne de la cheville, parfois avec une sensation de fatigue ou de brûlure qui irradie vers la voûte plantaire. Elle est plus fréquente chez les coureurs présentant une hyperpronation ou une faiblesse musculaire du pied.

Cette tendinite peut évoluer progressivement, avec une perte de stabilité du pied si elle n’est pas prise en charge. Les terrains irréguliers ou les longues sorties sur route dure peuvent favoriser son apparition.

schéma de la périostite tibiale

Tendinite du moyen fessier

Le moyen fessier est un muscle stabilisateur du bassin situé sur la face latérale de la hanche. Son tendon s’insère sur le grand trochanter du fémur.

Dans le cas d’une tendinite du moyen fessier, la douleur est localisée sur la face externe de la hanche. Elle peut être confondue avec une douleur lombaire ou une douleur irradiant vers la cuisse. Elle est souvent accentuée lors de la course en appui prolongé sur une jambe, ou en montée.

Elle est particulièrement fréquente chez les coureuses, notamment en raison de différences anatomiques du bassin. Un déficit de stabilisation pelvienne est souvent en cause.

tendinite du moyen fessier

 

Comment reconnaître une tendinite du coureur ?

La tendinite du coureur présente des signes caractéristiques. La douleur est généralement localisée sur un point précis du tendon. Elle apparaît progressivement, sans traumatisme brutal.

Un signe typique est la raideur matinale. Les premiers pas sont inconfortables, puis la douleur diminue après quelques minutes de mouvement. À l’effort, la douleur peut disparaître temporairement, avant de réapparaître plus tard ou le lendemain.

La palpation du tendon est souvent sensible. Dans certains cas de tendinite du coureur, un léger épaississement peut être perceptible. La douleur peut également apparaître lors de tests simples, comme un saut sur une jambe ou une montée sur la pointe des pieds.

La progression d’une tendinite du coureur se fait généralement en trois phases : phase réactive (douleur récente), phase de réparation incomplète, puis phase chronique dégénérative si la charge n’est pas adaptée.

 

Peut-on continuer à courir avec une tendinite ?

La réponse dépend du stade et de l’intensité de la douleur. Une règle pratique consiste à utiliser une échelle de douleur sur 10. Si la douleur reste inférieure à 3 ou 4 sur 10 et ne s’aggrave pas le lendemain, il est souvent possible de maintenir une activité adaptée.

En revanche, si la douleur augmente pendant la séance, la foulée ou persiste fortement au repos, il est préférable de réduire significativement la charge, voire d’arrêter temporairement la course à pied.

Le repos total prolongé n’est pas toujours la meilleure solution pour traiter une tendinite du coureur. Le tendon a besoin d’une stimulation contrôlée pour s’adapter. L’objectif est de réduire la charge excessive tout en maintenant un niveau d’activité compatible avec la récupération.

 

Comment soulager rapidement une tendinite du coureur ?

Soulager une tendinite en course à pied ne signifie pas la guérir. L’objectif est de réduire la douleur et de limiter l’irritation pour permettre au tendon de commencer à se réadapter.

Adapter immédiatement la charge d’entraînement

La première action est de réduire ce qui déclenche la douleur. Concrètement :

  • Diminuer le kilométrage de 30 à 50 % selon la gêne,
  • Stopper les séances de fractionné,
  • Eviter le dénivelé
  • Privilégier un terrain souple et régulier (éviter le bitume, les sentiers trop rocailleux…)

L’erreur classique est de continuer exactement sa routine d’entraînement en course à pied en espérant que la douleur disparaisse. La douleur est un signal de surcharge. Pour éviter qu’elle devienne chronique, il est nécessaire de diminuer temporairement la contrainte à la source de la tendinite et de ne pas ignorer les signaux de celle-ci.

Les bienfaits de la cryothérapie pour soulager une tendinite du coureur : comment utiliser le froid efficacement ?

La cryothérapie est l’un des outils les plus simples et les plus accessibles pour soulager une tendinite du coureur en phase douloureuse.

Le froid provoque une vasoconstriction locale (resserrement des vaisseaux sanguins). Il diminue temporairement l’afflux sanguin, ce qui réduit la perception de la douleur et l’inflammation (effet antalgique et anesthésiant). 

Application locale de froid

  • Poche de glace (enveloppée dans sa housse fournie ou à défaut un tissu) ou une vessie de glace
  • Durée d’application : 15 à 20 minutes
  • Fréquence : 1 à 3 fois par jour
  • Quand ? Idéalement après l’effort

Cette méthode de cryothérapie courante est très adaptée aux tendinites localisées (Achille, rotulien, TFL) et aux applications rapides post entraînement.

poche de glace sur une tendinite de la cheville

Bain froid localisé

L’immersion en eau froide (8 à 15 °C) pendant 5 à 10 minutes peut être utilisée après des séances exigeantes (longue distance, dénivelé, fractionné). Le froid ne régénère pas directement les fibres tendineuses, mais la vasoconstriction transitoire (resserrement des vaisseaux sanguins) diminue la douleur (effet antalgique) et l’excès de réaction inflammatoire post-effort (réduction de l’œdème).

Le froid réduit par ailleurs les tensions musculaires périphériques au tendon et la fatigue neuromusculaire en raison de la composition très vascularisé des muscles. Cela a pour effet de diminuer la contrainte exercée sur le tendon dans les heures qui suivent l’entraînement et de favoriser le soulagement de la douleur.

Une méta-analyse publiée en 2024 dans Sports Medicine montre une amélioration significative de la récupération perçue dans les 24-48h après immersion en eau froide post-exercice.

Pour un coureur en phase de reprise, le bain froid permet donc d’enchaîner une séance de renforcement ou un footing léger avec moins de douleur résiduelle, et d’éviter que la fatigue musculaire n’altère la biomécanique / la foulée (pose du pied moins contrôlée, genou qui s’affaisse, cheville moins tonique…), facteurs de surcharge tendineuse.

homme prenant un bain glacé dans une cuve gonflabe

Les bienfaits de la thermothérapie : quand utiliser la chaleur ?,

La chaleur ne doit pas s’appliquer en phase aiguë inflammatoire (soit dans les premières 48-72h suivant l’effort) mais devient intéressante dans un second temps pour traiter une raideur persistante ou une douleur / inflammation chronique.

Application :

  • Bouillotte ou un patch chauffant.
  • Durée d’application : 10 à 15 minutes avant exercices de mobilité ou renforcement.
  • Fréquence : 1 à 2 fois par jour maximum, par cycles de 10 à 15 minutes. 
  • Quand ? Après la phase inflammatoire aiguë (1-3 premiers jours) et idéalement le matin en cas de raideur ou juste avant l’entraînement pour améliorer la mobilité.

L’application de chaleur est particulièrement adaptée aux tendinopathies chroniques et aux raideurs localisées (Achille, rotulien, TFL), notamment en préparation à l’entraînement ou en renforcement pour améliorer la souplesse et le confort articulaire.

patch chauffant tendinite genou

Comment soigner et guérir durablement une tendinite du coureur ?

Soigner une tendinite en course à pied ne consiste pas à faire disparaître la douleur quelques jours. Guérir une tendinite du coureur signifie que le tendon est capable de supporter à nouveau la charge d’entraînement sans réactiver la douleur.

La différence est essentielle : On peut soulager une tendinite du coureur en quelques jours mais on ne la guérit pas en quelques jours.

La guérison repose sur trois axes :

  • Restaurer la tolérance à la charge
  • Restructurer le tendon
  • Reconditionner progressivement la course

Restaurer la tolérance du tendon à la charge

Le tendon est un tissu adaptatif. Il se renforce lorsqu’on lui applique une charge progressive et contrôlée. Le repos total prolongé le rend plus fragile.

La première étape consiste à identifier la charge tolérable à travers des sollicitations maîtrisées. Concrètement :

  • Déterminer le niveau de douleur acceptable (≤ 3/10)
  • Maintenir des exercices qui sollicitent le tendon sans déclencher de poussée le lendemain (mobilité douce et activité physique sans impact au sol ni mouvement de flexion / extension marqué)
  • Faire des exercices simples qui font travailler le tendon de façon modérée, ciblée et contrôlée, 3 à 4 fois par semaine :
    • Tendon d’Achille → montées/descentes lentes sur la pointe des pieds
    • Tendon rotulien → (demi)-squats lents / marche en position de squat avec bande élastique
    • TFL / bande ilio-tibiale → travail d’appui / d’équilibre sur une jambe et de renforcement des hanches (pont fessier : allongé sur le dos, pousser dans les talons pour monter le bassin)

Mettre en place un protocole de renforcement musculaire adapté 

Le principe reste toujours le même : un tendon se renforce sous contrainte progressive. Mais les muscles à cibler et les exercices prioritaires varient selon la localisation de la tendinite du coureur.

Un protocole de renforcement musculaire autour du tendon doit être :

  • Spécifique à la zone concernée selon la tendinite du coureur
  • Progressif
  • Réalisé 2 à 4 fois par semaine
  • Maintenu même après disparition des douleurs (pour éviter une réapparition)

Tendinite du tendon d’Achille

L’objectif est de renforcer les mollets (gastrocnémiens et soléaire) pour améliorer la capacité de propulsion et d’absorption des charges durant la course à pied.

  • Phase initiale : montées sur demi-pointes en maintien statique 30 à 45 secondes.
  • Phase intermédiaire : descentes lentes sur une marche (excentrique), en contrôlant la descente sur un pied.
  • Progression : ajouter progressivement une charge (haltère ou sac à dos léger).

Ce travail doit être lent, contrôlé, et réalisé 3 à 4 fois par semaine. La régularité est plus importante que l’intensité.

Syndrome de la bandelette ilio-tibiale (TFL)

Pour cette tendinite du coureur, le problème vient souvent d’un déficit des muscles stabilisateurs de hanche.

Les exercices ciblent principalement le moyen fessier :

  • Abduction de hanche avec élastique : élastique autour des chevilles ou au-dessus des genoux, buste droit, déplacer la jambe sur le côté sans incliner le tronc → 3 séries de 12-15 répétitions par côté.
  • Gainage latéral : en appui sur l’avant-bras et les pieds (ou genoux), maintenir le bassin aligné → 3 × 20-40 secondes par côté.
  • Monster walk (marche latérale en position de squat ou semi-accroupie avec élastique au-dessus des genoux) : → 3 × 10-15 pas

L’objectif est de limiter l’effondrement du bassin à l’appui. Ce travail doit être intégré durablement, même après disparition de la douleur.

Tendinite rotulienne

On renforce surtout l’avant de la cuisse (quadriceps) pour mieux absorber les contraintes au niveau du genou.

  • Phase 1 : chaise contre un mur (statique)
    Dos au mur, genoux fléchis environ à mi-descente, tenir 30 à 45 secondes → 4 à 5 répétitions, douleur légère et supportable.
  • Phase 2 : squats lents
    Pieds largeur des hanches, descendre doucement comme pour s’asseoir sur une chaise, puis remonter lentement → 3 à 4 séries de 8 à 12 répétitions.
  • Phase 3 : fentes simples ou descente d’une marche
    Faire un pas en avant et plier les deux genoux, ou descendre lentement d’une petite marche en contrôlant le genou → 3 séries de 8 à 10 répétitions par jambe.

Le principe : charger progressivement le tendon sans douleur excessive, et éviter au début les sauts, la course rapide et les descentes prolongées.

Tendinite tibiale postérieure

L’objectif est de renforcer les muscles qui soutiennent la voûte du pied et empêchent la cheville de s’affaisser vers l’intérieur.

  • Travail avec élastique vers l’intérieur
    Assis, jambe tendue, élastique autour de l’avant du pied : ramener lentement le pied vers l’intérieur contre la résistance → 3 séries de 12–15 répétitions.
  • Montées lentes sur la pointe des pieds
    Debout, monter sur les demi-pointes en gardant la cheville bien alignée (sans laisser le pied partir vers l’intérieur), puis redescendre lentement → 3 séries de 10–12 répétitions.
  • Équilibre sur un pied
    Tenir en appui sur un pied 30 à 45 secondes, pied bien stable ; progression possible en fermant les yeux ou sur surface légèrement instable → 3 répétitions par côté.

La progression doit être graduelle et contrôlée : la stabilité du pied et le maintien de la voûte plantaire sont essentiels pour diminuer les contraintes sur le tendon.

Tendinite du moyen fessier

L’objectif est de renforcer les muscles situés sur le côté de la hanche, qui maintiennent le bassin stable lorsque l’on est en appui sur une jambe.

  • Élévation de jambe sur le côté
    Allongé sur le côté, jambe du dessus tendue, la lever lentement sans basculer le bassin  → 3 séries de 12-15 répétitions par côté.
  • Montée sur une marche (step-up)
    Monter sur une marche ou un banc en poussant dans le talon, redescendre lentement en contrôlant le genou et le bassin → 3 séries de 8-12 répétitions par jambe.
  • Gainage latéral avec levée de jambe
    En appui sur l’avant-bras, corps aligné, lever doucement la jambe du dessus sans laisser le bassin s’affaisser → 3 × 20-30 secondes par côté.

Un bassin plus stable limite l’affaissement à l’appui, ce qui réduit les contraintes sur la hanche et le genou pendant la course.

Reconditionner progressivement la course

La douleur peut diminuer au repos, mais le tendon doit être réhabitué progressivement aux impacts de la course.

Semaine 1

  • 3 séances de course à pied à allure lente
  • 10 minutes par séance
  • Terrain plat et régulier
  • Possibilité d’alternance marche/course (par ex. 1 min course / 1 min marche)

→ Objectif : réintroduire la charge en douceur sans douleur persistante.

Semaine 2

  • 3 séances de course à pied à allure lente
  • 20-30 minutes en continu par séance
  • Terrain plat et régulier

→ Maintenir une intensité faible et écouter la réaction du tendon.

Semaine 3

  • 3 séances de course à pied à allure lente à modérée
  • 30-35 minutes continues par séance
  • Pas d’accélérations ni de côtes

→  Augmenter légèrement le volume si la douleur reste basse.

Semaine 4+ (progression)

  • 3-4 séances à allure modérée
  • +5-10 minutes par séance chaque semaine si toléré
  • Introduire progressivement des segments un peu plus longs ou soutenus mais sans fractionné intense

→ Continuer la progression tant que la douleur est ≤ 3/10 et disparaît dans les 24 h.

Règle de progression : ne pas précipiter les allures, ni introduire trop rapidement le fractionnés et le dénivelé (côtes/pentes) tant que la course n’est pas redevenue facile en continu et bien tolérée.

Ce modèle repose sur le principe de charge progressive tolérée (douleur ≤ 3/10 sans aggravation dans les 24 h) recommandé dans les programmes de réhabilitation des tendinopathies, notamment Clinical Practice Guideline du Journal of Orthopaedic & Sports Physical Therapy, pour augmenter la tolérance du tendon à l’effort et prévenir le risque de récidive

Cryothérapie dans la phase de guérison

En phase de guérison d’une tendinite du coureur, la cryothérapie sert surtout à stabiliser la progression de charge. Lorsque le tendon est en cours de réadaptation, de légères réactions douloureuses peuvent apparaître : le froid aide à contenir ces pics de sensibilité et à éviter qu’ils ne se transforment en poussée inflammatoire freinant le programme de reprise.

En pratique, le froid peut être appliqué ponctuellement lors des phases d’augmentation du volume ou de l’intensité, et permet d’assurer la continuité du renforcement du tendon et de la reprise de course.

La cryothérapie n’est pas un traitement structurel mais un outil de régulation de l’inflammation et de la douleur : alors que la charge d’activité stimule l’adaptation du tendon, le contrôle de l’inflammation et de la douleur grâce au froid permet de maintenir cette charge dans une zone productive et progressive sans rechute.

L’application de froid ou l’immersion en eau froid (bain froid) est utile :

  • Après les premières sorties de reprise,
  • Après des séances de renforcement musculaire qui sollicitent fortement le tendon
  • Lors de périodes de charge élevée (durée, intensité)

Applications possibles :

  • Poche de glace ou vessie de glace localisée : 15-20 min
  • Bain froid localisée (suffisant jusqu’au bassin pour les coureurs) : 5-10 min à 8-15 °C

femme prenant une bain glacé à la maison

Optimiser l’environnement biologique : les autres piliers de la récupération

Le sommeil : le pilier sous-estimé

Un tendon fatigué dans un corps fatigué récupère moins vite.

La réparation tissulaire est fortement liée au sommeil profond, phase durant laquelle la sécrétion d’hormone de croissance peut être multipliée par 2 à 3 par rapport à l’éveil. Des études montrent qu’une restriction de sommeil à 5-6 h par nuit augmente significativement la sensibilité à la douleur le lendemain et altère la récupération musculaire.

Chez l’adulte actif, les recommandations internationales actuelles préconisent 7 à 9 heures de sommeil par nuit, à horaires fixes. Dormir moins de 6 heures de façon répétée est associé à une augmentation du risque de blessure chez les sportifs (risque multiplié par environ 1,7 à 2 selon les cohortes récentes).

Les plages horaires de sommeil irrégulières, les réveils nocturnes fréquents, le stress ou les écrans tardifs peuvent compromettre la qualité du sommeil et donc la récupération.

repos sportif du coureur

La nutrition : soutenir la synthèse du collagène

Le tendon est composé à plus de 70 % de collagène (en poids sec). La synthèse de collagène dépend directement d’un apport suffisant en protéines.

Les recommandations récentes pour les sportifs d’endurance en phase de récupération situent l’apport optimal entre 1,6 et 2,0 g de protéines par kg de poids corporel par jour. Une distribution en 3 à 4 prises de 20 à 40 g de protéines permet de stimuler efficacement la synthèse protéique musculaire et conjonctive.

Des études récentes montrent également qu’un apport combiné de 15 g de collagène hydrolysé + 50 mg de vitamine C, consommé environ 30 à 60 minutes avant un exercice de mise en charge, participe au processus de synthèse naturelle du collagène.

Un déficit énergétique chronique (RED-S) réduit la capacité d’adaptation des tissus et augmente le risque de blessure. Une alimentation trop restrictive ou déséquilibrée ralentit donc la guérison de la tendinite.

nutrition sportive proteine

L’hydratation

Le tendon contient environ 60 à 70 % d’eau, ce qui contribue à ses propriétés viscoélastiques. Une déshydratation de seulement 2 % du poids corporel peut altérer la performance musculaire et la tolérance à l’effort, augmentant indirectement les contraintes mécaniques sur les structures tendineuses.

Avant la course

  • Boire 300 à 500 ml dans les 2 à 4 heures avant le départ
  • Boire éventuellement 200 ml supplémentaires 30 à 60 minutes avant si besoin

Pendant la course

  • Boire 200 à 300 ml toutes les 30min à partir de 45min de course (pas indispensable si bien hydraté avant la course).
  • Au-delà de 1h30 de course : ajouter un apport en sodium si effort prolongé ou chaleur importante.

→ Objectif : boire régulièrement en petites quantités pour limiter une déshydratation excessive

Après la course

  • Dans les 2 à 4 heures suivant l’effort : boire environ 500 ml à 1 litre, répartis en plusieurs prises, et à ajuster selon la durée de la séance, la chaleur et la transpiration.

recupération en course a pied

La gestion du stress

Un stress chronique maintient des niveaux élevés de cortisol. Des concentrations élevées prolongées de cortisol sont associées à une diminution de la synthèse protéique et à une augmentation de la sensibilité à la douleur.

Intégrer des pratiques comme la respiration profonde, la cohérence cardiaque, la méditation ou des phases de récupération active réduit la charge physiologique globale et crée un contexte hormonal plus favorable à la réparation tissulaire.

sportif gestion stress mental

Reprendre la course après une tendinite en course à pied

Reprendre trop tôt ou trop vite est la principale cause de rechute d’une tendinite du coureur. La reprise doit être progressive et structurée.

La règle des 10 % reste une référence simple : ne pas augmenter le volume hebdomadaire de plus de 10 %. Les premières semaines doivent privilégier des sorties courtes, à intensité lente à modérée, sur terrain stable et plat.

Il est conseillé d’alterner un jour de course avec un jour de récupération ou d’activité croisée douce (renforcement musculaire ou endurance sans impact au sol, type vélo, roller ou natation). Le tendon doit avoir le temps de s’adapter entre les sollicitations.

Pendant la reprise de la course à pied, il faut surveiller les signaux d’alerte de la tendinite : douleur qui augmente au fil des séances, raideur matinale qui s’intensifie, modification de la foulée pour éviter la douleur. Une reprise réussie est une reprise sans précipitation.

 

Combien de temps dure une tendinite du coureur ?

La durée d’une tendinite du coureur dépend du stade et de la gestion initiale. Une tendinite prise en charge précocement peut s’améliorer en trois à six semaines.

La durée dépend du type de tendinite et de son stade .

Tendinite du tendon d’Achille

  • Stade léger : 4 à 6 semaines
  • Stade modéré : 8 à 12 semaines
  • Stade chronique : 3 à 6 mois

Tendinite du Fascia Lata (TFL) ou syndrome de l’essui-glace

  • Léger : 3 à 6 semaines
  • Modéré : 6 à 10 semaines
  • Chronique : 3 mois ou plus

Tendinite rotulienne

  • Réactive : 4 à 8 semaines
  • Installée : 2 à 4 mois

Tendinite tibiale postérieure

Souvent plus longue :

  • 8 à 12 semaines minimum
  • Parfois 4 à 6 mois si instabilité persistante

Une forme chronique de tendinite du coureur, installée depuis plusieurs mois, peut nécessiter trois à six mois de rééducation progressive. Plus la tendinite est ancienne, plus la récupération est lente. La patience est essentielle. Chercher à accélérer le processus de guérison de la tendinite du coureur conduit souvent à une rechute.

 

Prévenir durablement la rechute d’une tendinite du coureur

Prévenir une tendinite ne se limite pas à l’échauffement : il s’agit surtout de maîtriser la charge mécanique dans le temps et de maintenir la capacité du tendon à l’absorber.

Gérer intelligemment la charge

La variable clé est la progressivité. Augmenter le volume hebdomadaire  de course de manière graduelle (≈ +5 à 10 % maximum), intégrer une semaine allégée toutes les 3 à 4 semaines, et éviter d’augmenter simultanément volume, intensité et dénivelé.

Les pics brutaux (reprise trop rapide, ajout de fractionné ou de descentes longues) sont le principal facteur de rechute d’une tendinite du coureur. Le tendon s’adapte à la charge répétée ; il réagit négativement aux variations soudaines.

Renforcer toute l’année

Le renforcement musculaire doit devenir un entretien structurel permanent, même en l’absence de douleur.

Deux séances hebdomadaires suffisent pour entretenir la capacité tendineuse, en ciblant :

  • Mollets (travail sur pointes)
  • Quadriceps (squats contrôlés)
  • Fessiers et stabilisateurs du bassin (appuis unipodaux, gainage latéral)

L’objectif est de maintenir une tolérance mécanique élevée, pas seulement de corriger un épisode douloureux.

Améliorer la technique

Une cadence légèrement plus élevée (+5 à 7 %) peut réduire les forces d’impact et les contraintes articulaires.

Une foulée plus fluide, avec un appui sous le centre de gravité, limite les pics de charge excessifs.

De petits ajustements techniques peuvent réduire la contrainte cumulative sans modifier radicalement la biomécanique naturelle.

Optimiser la récupération globale

La prévention de la tendinite du coureur passe aussi par l’environnement biologique : sommeil suffisant, apport protéique adapté, hydratation cohérente avec la charge.

Lors de cycles d’entraînement plus exigeants, intégrer des séances de récupération active (vélo doux, mobilité) ou ponctuellement des stratégies comme l’immersion en eau froide peut aider à contenir la fatigue musculaire et éviter qu’elle n’altère la mécanique de course.

La prévention durable repose donc sur un équilibre : charge maîtrisée + capacité tissulaire entretenue + récupération optimisée.

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Quel sport pratiquer avec une tendinite du coureur ?

Lorsque la course doit être réduite temporairement, l’objectif est de maintenir la capacité cardiovasculaire sans surcharger le tendon. Les activités à faible impact sont à privilégier : vélo (cadence fluide, résistance modérée), roller, natation, aquabiking, vélo elliptique.

Ces pratiques sportives  limitent les forces d’impact tout en conservant un stimulus aérobie efficace. L’intensité doit rester contrôlée : absence d’augmentation nette de la douleur pendant l’effort et dans les 24 heures suivantes.

Le principe n’est pas l’arrêt total, mais le maintien d’une charge compatible avec la tolérance du tendon, afin d’éviter l’arrêt total d’entraînement qui fragilise le tendon.

 

Quand consulter un professionnel de santé pour une tendinite du coureur ?

Une consultation médicale pour une tendinite du coureur est recommandée si la douleur persiste au-delà de quelques semaines malgré une gestion adaptée de la charge et un renforcement régulier.

Signaux qui doivent également alerter pour consulter pour une tendinite du coureur : douleur croissante, gonflement marqué, raideur matinale qui s’aggrave, perte de force ou gêne dans les activités quotidiennes.

Un diagnostic précis permet d’identifier la structure concernée, d’écarter une autre pathologie (lésion partielle, bursite, fracture de fatigue) et d’ajuster le programme de charge et le protocole de récupération avant que la tendinopathie du coureur ne s’installe dans la chronicité.

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Conclusion

La tendinite du coureur n’est ni une fatalité ni une simple inflammation passagère. Elle est le reflet d’un déséquilibre entre la charge d’entraînement et la capacité d’adaptation du tendon. Comprendre sa mécanique, identifier les facteurs déclenchants et agir rapidement sont les clés pour éviter qu’elle ne s’installe.

La guérison de la tendinite du coureur repose sur trois piliers : adaptation intelligente de la charge, renforcement progressif et récupération optimisée. Le froid peut calmer, la chaleur peut assouplir, mais seul un travail structuré permet une amélioration durable.

Dans une stratégie globale, le bain froid maison peut constituer un outil complémentaire intéressant pour améliorer la récupération après les séances exigeantes, en particulier lors de la reprise progressive. Il ne remplace pas le renforcement, mais il peut aider à mieux gérer la charge et les douleurs associées.

Courir durablement, c’est accepter de structurer son entraînement, d’écouter les signaux faibles et d’intégrer la récupération comme une composante à part entière de la performance. Une tendinite du coureur bien comprise et bien traitée devient souvent un point de bascule vers une pratique plus intelligente, plus solide et plus résiliente.

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